Samedi 19 août, 02h30
"La descente vers la Manche continue à grandes enjambées poussé par le vent du Nord : nous avons dépassé Belfast et l'ile de Man et fonçons sur Dublin, slalomant entre les feeries et les cargots.
Aujourd'hui le temps fut clément et même radieux en début
d'après
midi. Ainsi, certains
membres de l'équipage en ont profité pour se débarbouiller à l'eau
de mer (14,6°C tout de même), pendant que d'autres somnolaient
sur le pont.
Puis, comme d'habitude, vint en fin d'après midi le brouillard et
la pluie (fine et apaisante) mais la température reste très
convenable (bizarre, il n'y a pas de thermomètre à bord).
En fin de soirée, on s'est encore rendu compte que la météo se trompait, nous offrant du sport pour la nuit. En effet, un vent d'ouest est venu perturber la partie de tarot."
Jeudi 17 août, 23h59
"Une belle journée en Mer des Hébrides sous un ciel dégagé et
un soleil généreux...ca fait du bien après l'humidité et
les températures de ces derniers jours !
La matinée nous a permis d'observer des dizaines de dauphins chassant
autour du bateau: même notre expérimenté skipper ne
se souvient pas en avoir vu autant d'un coup! Ils étaient accompagnés
dans leur oeuvre par des fous de Bassan plongeant de part et d'autre
du bateau (et s'intéressant d'ailleurs particulièrement aux
leurres de la ligne de
traîne qu'ils ont détruite...).
Plus tard, nous avons pu à notre
tour récupérer une pêche fructueuse pour notre dîner
sans avoir à la disputer avec le phoque apercu!
Le vent, après
une faiblesse passagère en cours de journée,
est revenu
pour clore en beauté cette journée de grand spectacle!"
Jeudi 17 août, 04h00 (TU+2)
"Nous voilà enfin entre les Hébrides et l'Ecosse.
Ce fût ce matin très tôt que le GPS nous indiquait la présence d'une Terre à portée de miles dans laquelle nous nous engouffrâmes aveuglément afin d'échaper aux tumultes de l'océan. En effet, sous un brouillard persistant, nous nous sommes donc précipités dans ce petit dédale, évitant les rocs et hauts fonds (spécial dédicace au chef naviguateur et ses waypoints) à l'affût de la moindre silhouette de côte. Au fur et à mesure de notre course à travers ce labyrinthe qui sera peut-être demain un raccourcis, la mer se calma, le vent tomba, la pluie tomba, puis le brouillard se dissipa, nous offrant le perspective d'un bout de terre.
"Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage", Nous pûmes ainsi enfin découvrir les Highland à babord et les Hébrides à tribord. Ah, et quel plaisir aussi de pouvoir enfin marcher droit sans s'accrocher aux murs, ou de pouvoir poser son verre et son assiette sans qu'ils ne se retrouvent sur la banquette bleue tachetée du mess... Tout au long de ce parcours extraordinaire, la faune s'est composée de quelques mouettes et pécheurs solitares. Nous avons aussi pu entendre à la vhf, la voie féminine saxone d'une sirène nous indiquant des bulletins météo incompréhensibles. Pour la flore, les côtes écossaises paraissaient verdâtres, signe de la présence d'une végétation luxuriante.
Malheureusement, à l'heure
où ces lignes sont écrites,
le vent a disparu et le navire vogue sans bruit sur la mer d'Hébrides.
Seul le clapoti de l'eau trouble cette nuit paisible et réparatrice.
Demain,
on retrouvera la mer d'Irlande et l'horizon se partagera entre l'Irlande
et la pays de
Galles..."
Mercredi 16 août, 00h01 (TU+2)
"Bruno ne goutant que modérément le fait d'être le seul rédacteur du journal de bord sur ce retour de Norvège, une rotation vient d'être improvisée : Romain ce soir et donc Vincent demain!
Une journée bien morne vient de s'écouler
sous un ciel complètement plombé et une visibilité réduite:
c'en est bel et bien terminé du soleil de minuit polaire puisqu'au
large des îles Shetland, ce fameux soleil n'a pas daigné se
montrer de la journée. Ce n'est pas très grave: à défaut
de pouvoir
admirer de quelconques paysages, chacun en a profité pour récupérer
tandis que notre fidèle compagnon de quart (je parle du pilote automatique)
avalait efficacement les milles sans sourciller grâce à un
vent et une mer favorables.
Si le ciel pouvait rendre quelque peu morose, la journée a tout de même connu son lot de petites choses qui font la vie à bord: dérangement d'un navire 'poseur de câbles' en plein travail, recherche (finalement fructueuse) de plate-forme pétrolière dans la brume, guet de dauphins capricieux trop occupés à chasser, rupture de bosse de ris, cours d'électricité...
Vivement demain et notre entrée dans les Hébrides que nous puissions admirer de nouveau des côtes, une semaine après le départ de Svolvaer..."
Mardi 15 août, 12h53
"Dicton du jour: Attention un grain peut en cacher un autre"
C'est facile
au pays du Royaume Uni, et puis est-ce vraiment un dicton.
Ne croyez pas que j'ai une aversion quelconque envers les anglais,
j'ai même des amis anglais, c'est pour dire. C'est vrai aussi qu'ils
sont pour la plus part exilés.
Le dicton du jour aurait pu être
le suivant: Attention, un requin peut en cacher un autre, et encore
un autre.
C'est ce qui c'est passé hier.
Un truc conique qui flotte à un mètre de la coque sur tribord,
cette forme me rappelle quelque chose. Suivit d'un autre truc conique
plus petit qui va de gauche à droite,
puis les deux cônes qui démarrent en même tempsv et
se suivent, ça c'est un requin qui sonde et qui passe de l'autre
côté du bateau juste avant qu'on ne l'écrase.
Il devait
faire la sieste, d'ailleurs c'était l'heure.
Il avait sans doute bien mangé, parce que 20 mètres plus
loin flottait une basquette. Ca fait froid dans le dos, rien que
d'y penser.
Trois minutes plus tard, encore un de ces fichus cônes.
celui-ci démarre illico.
Encore un peu plus tard, de nouveau un cône dans les mêmes
conditions que la première fois. Il se réveille au dernier
moment, sonde et passe sur l'autre bord. Cette fois ci, même pas
une basquette à flotter.
Je me retourne vers Paulo qui est penché au dessus des filières, et je lui demande: "Tu crois qu'ils sont trois ou c'est le même qui a encore faim et vient voir si par hazard, quelqu'un ne tomberait pas par dessus bord ? "
On a réfléchit longtemps, (chez nous ça prend du temps et c'est bien parce que ça occupe), et on a pensé que finalement, ce devait être des requins pèlerins, parce qu'ils prirent la direction de Santiago, de Compostelle bien sûr.
Il est 3 heures du matin, et je suis de quart. Nous longeons les côtes
de l'Irlande du Nord. le bateau file à 10 sur le fond, en direction
de Belfast. A cet endroit, le passage est étroit entre la Grande
Bretagne et l'Irlande, ce qui engendre un courant assez fort et
portant pour l'instant. Le bateau glisse avec aisance et laisse un
large sillage blanc derrière
lui, parsemé de plancton phosforescent.
Les lumières de la côte défilent sur notre tribord,
je regrette qu'il fasse nuit et de ne pas pouvoir profiter du paysage.
Mais les lumières parlent. Sur tribord, un phare balaye inlassablement
la surface de l'eau de ces quatre pinceaux, montrant que l'air est
chargé d'humidité. Un autre sur l'avant tribord, indique
l'entrée
de Belfast. Belfast est bien là, sur sa droite, les lumières
de la ville se refletant sur la couche nuageuse très basse. Entre
ces deux phares, ces lumières qui défilent toujours. Sur
tribord, un peu sur l'arrière maintenant, un groupe de lumières.
C'est un quartier résidentiel, un peu en dehors de la ville, avec
les lumières de la rue et des maisons autour. Sur la gauche, une
route serpente, monte et descend vers la ville. Encore sur la gauche,
ces gros projecteurs, c'est le port. Toujours sur la gauche, le relief
remonte et ce sont les lumières
de la sortie de la ville. Plus loin, on aperçoit maintenant celles
de la banlieue de Belfast et le halo de Belfast elle même s'accochant
aux nuages. Ces lueurs disent qu'elles éclairent des hommes, des
femmes et des enfants, des existances, des vies, un peuple avec sa
culture. Inévitablement on pense à l'histoire de l'Irlande,
et je me demande pourquoi, au nom de qui ou de quoi, les hommes se
déchirent
ainsi. Pas seulement en Irlande, mais d'une façon générale.
Quelqu'un a t'il la réponse ?
Passons à autre chose.
Nous sommes au terme de ce long voyage, et les vivres commencent à manquer.
D'ailleurs cet après midi, j'ai surpri une conversation de l'équipage
où il était question de scorbut. On sent bien que la nervosité s'installe
et que la tension monte. Certains regards ne trompent pas, ce genre
de regard que peuvent avoir les hommes qui tentent d'imaginer les
formes d'une fille. sauf que là, ce n'est pas pour les mêmes
raisons.
Bref, nous en sommes à manger ce qui reste, du coup un nouvel atelier
est né, accompagné d'un jeu : Faire le meilleur plat possible
avec des pâtes et du riz. C'est à peu
près tout ce qui reste avec deux ou trois patates et oignons. Jugement
et remise des prix à l'arrivée, si on n'est pas
mort de faim avant.
Au menu hier soir:
singe revenu aux petits oignons, déglacé avec un filet de
vinaigre, accompagné de pâtes.
Rassurez vous, pour ceux qui ne savent pas ce qu'est le singe, ce
n'est pas un singe que l'on a chassé dans la forêt norvégienne,
c'est du boeuf en gelée importé du Brésil.
Position à 5 heures (du matin) heure française ?
Facile: en face de Belfast, c'est plus parlant que 54°48N 5°29W
Le bonjour du YAPUKA" (AOI - SOLIDARITE DENTAIRE INTERNATIONALE)
Lundi 14 août, minuit
"Et oui, nous avons passé Greenwitch ; enfin pourrait on dire. Nous sommes à 80 miles des Shetlands. Le temps est désespérément le même depuis trois jours, nous l'aurons encore jusqu'à l'entrée des Hybrides, je pense.
Nous reprenons goût à la civilisation. Nous n'avions pas vu un bateau depuis 48 heures, et nous venons de frôler un gros chalutier qui n'avait pas l'air heureux de nous voir passer si près de lui.
Nous avons depuis cet après midi un passager clandestin : un rapace qui a élu domicile dans le pli du ris de la grand voile. Il est beau comme tout. Demain, si il est encore là, on tentera de l'aprivoiser; il faut bien s'occuper.
Roger a franchi la ligne d'arrivée ce matin,
je le félicite pour sa course et de même pour sa qualification pour
le Rhum, bravo à lui.
Dommage qu'il n'est pu stationner dans le port de Dinard, l'obligeant
ainsi à repartir directement pour Le Havre , pas cool tout de même,
mais bon.
Allez, sur ce, je vais me coucher, enfin si on puis dire, en fait j'ai encore du boulot, bye a demain.
Bruno et "the crew". "
Lundi 14 août, 15h40 (TU+2)
"Ayant passé la ligne à 11h38m57s, je ne pensais pas à avoir à utiliser
le mail pour vous donner quelques nouvelles. Malheureusement je me
suis fait "viré" des bouées
de Dinard, car la DINARTICA n'avait pas réservé de places
pour ses bateaux... C'est bien la première fois que je vois cela
où les
bateaux d'une course sont obligés de se faire prendre ailleurs !
Pourtant une course ne vit que si elle est conviviale !
A 14h00 j'ai donc fait route sur Le Havre à grand regret, car quelques
rêves secrets s'envolés et le besoin de "consulter" pour
les quelques blessures attendront 2 jours de plus.
Voilà, voilà et
merci à ceux qui le méritent.
Fait à bord de NEGOCEANE en route vers son port d'attache le 14
août à 15h30. "
Lundi 14 août, 12h (TU+2)
"Dicton du jour : plus il y a de fous, plus il y a de ris.
(vieux dicton
d'origine incertaine et non certifié)
Par exemple: avant hier, on a vu 4 fous de bassan, une mouette, la
mouette étant le dixième du fou de bassant. Eh bien, on avait
1 ris. Aujourd'hui, pas de fous, pas de ris. On pourrait dire que le dicton
se vérifie. C'est sans compter hier, il y avait 6 fous, 2 pétrels,
le pétrel étant le centième du fou. Eh ben, on n'avait
pas de ris, que des nouilles à la sauce tomate.
On a vu aussi du
riz sans fou et des fous sans riz...
Eh puis on s'en fou !
Hier, alors que nous arrivions au nord de l'Ecosse, des dauphins nous ont escortés un moment. Des dauphins bien britaniques, pince sans rire, qui sont venus tels des émissaires de sa grâcieuse majesté nous souhaiter la welcome. Une sérémonie très sobre, pas un mot plus haut que l'autre, à vrai dire très peu de mot, enfin pas du tout, et tout était dit. Ils sont repartis aussi vite qu'ils étaient venus dans leur livrée noire.
A part du rase cailloux cette nuit du côté des Hébrides,
ce qui a un peu perturbé les quarts à cause des empanages,
rien de spécial. Pas besoin d'avoir un GPS pour être certain
d'être au royaume
uni, il
suffit de regarder le temps. c'est bien un temps de grand breton
!
Denis n'a pas eu le temps je jouer, donc pas de nouveau score au pin ball.
Au menu hier soir: omelette renversée... pour de vrai.
Position aujourd'hui à 7h00 TU (TU ça fait pro):
57°15N 7°11W
Salut de la part du YAPUKA" (AOI - SOLIDARITE DENTAIRE INTERNATIONALE)
Dimanche 14 août, 01h30 (TU+2)
"Allure grand largue 1 ris gv , et un peu moins de genois.
Vitesse 7, 8nds
Nous voila avec pas mal de vent. Nous avons réduit la toile pour la nuit, les deux petits jeunes sont au lit je ne voudrais pas troubler leur sommeil. Pour ma part, j'ai dormi enfin au moins 3 heures d'affilées, cet après-midi. Cela ne m'était pas arrivé depuis le depart, je me sens moins crevé ce soir.
Pas grand chose à signaler. Nous decendons toujours vers les Shetlands, encore 239 miles, une bricole, 450 kms, c'est quoi apres tout ce que l'on a fait me direz vous. Le pire, c'est de voir tout ce qu'il reste à faire après !"
Dimanche 13 août, 12h (TU+2)
"Le vent de N est toujours de la partie... Nous avons passé la journée d'hier dans le Canal St Georges et la mer d'Irlande sous les nuages et vent de l'arrière (force 5/6/7), nous obligeant à empanner de nombreuses fois sur une mer quoique agitée mais beancoup moins violente que la mer Celtique où nous sommes en ce moment.
Nous approchons de la pointe extrème SW de l'Angleterre
(pointe Land's End) et passé ce virage, route directe sur Dinard
(enfin sur le papier) que nous devrions atteindre demain après-midi...
Cette fois l'arrivée est fortement préssentie et pour cause!
Comme ce sera sans doute le dernier mail en direct du bord, j'ai
voulu y joindre le récit ci-dessous pour qu'il puisse peut-être
servir à d'autres...
Pourquoi au dernier instant: sans doute pour la course reste course
tout simplement...
A bord de NEGOCEANE le 13 août à 12h00 françaises.
POSITION: 50°36'- N- 006°24' W (40' de Land's End)(Route au 140 à une
vitesse de 10 nds)."
"Ce mardi 8 août 2006 à 15h30 (TU+2), 2 jours après le départ retour de la DINARTICA (Iles Loffoten-Dinard) en solitaire, à bord du trimaran 50' NEGOCEANE (nom de baptême BRANEC IV) et au milieu de la mer de Norvège, la grand-voile s'est retrouvée sur le pont suite à la rupture du brêlage (poulie tête de mat-grand voile).
Avec un léger vent d'W (force 1), route au 180° et une petite houle résiduelle de NW je décide donc de monter en tête de mât (le mât dispose de petites échelles de mât) avant l'arrivée du mauvais temps qui engendrera des vents d'E.
Je m'équipe d'un baudrier (sangle ventrale et sous-cutale), d'un casque et d'un mousqueton de retenue de sécurité.
L'ascension
(sous Solent tribord amures, vitesse du trimaran d'environ 1à 2
nds) s'effectue sans problème jusqu'à mi-parcours
( le mât ayant une longueur de 22m et 4 étages
de barres de flèches). La suite de la montée est de plus
en plus périlleuse. Suite à une
panne de vent (normale avec l'inversion des systèmes
météo) le trimaran se balance d'un flotteur sur l'autre avec
parfois de violents coups de rappel provoqués par petite houle résiduelle.
Après
la 4ème barre de flèche il n'y a plus d'aide à la
montée ( genre bastaques, drisses ou autres) exceptée la
drisse de spi sur laquelle est greffée le mousqueton de sécurité.
Après
une légère pause sur cette dernière,
je décide de continuer mon ascension vers la tête de mât
(environ 4m), malgré les violents coups de rappel et boutoir…
A 2 mètres du sommet, je suis déséquilibré et
c'est la CHUTE (rectangle noir et rectangle blanc puis enfin vision
du pont) .
Le mousqueton a fait son office et me retrouve suspendu dans
le vide, tête en bas, et retenu uniquement par les 2 sous-cutales
qui continuent de glisser doucement et s'arrètent enfin,
aux genoux qui se plient …
Quelques rétablissements plus tard
et me voilà de nouveau
assis sur ce nid providentiel qu'est cette 4ème barre de flèche.
Après
quelques moments de repos, quelques essais, hésitations
en attendant que la houle se calme, peur, nombreuses contusions et
blessures, torsion du genou et muscles tétanisés à force
d'essayer de se maintenir collés au mât, je décide
de descendre. Il est alors 19h 30 …
C'est par un léger vent
d'E qui vient de se lever, sous Solent au près pour éviter
ces fameux coups de rappel et recevant la petite houle 3 /4 arrière
(qui s'est assagie) que je repars à l'assaut
de ce fichu mât malgré quand même quelques appréhensions
et mon mal à marcher dû au genou qui
a terriblement souffert dans la chute.
L'ascension est beaucoup moins rapide que précédemment, mais
je décide quand même de continuer et réussis enfin à capeler
un long bout pour descendre cette poulie.
A 23h 30 la grand-voile
et rehissée.
Le bonhomme est épuisé, blessé et contusionné mais
superbement heureux de pouvoir faire avancer de nouveau le bel oiseau…
Ce fut la plus grande frayeur de ma vie avec celle de 1993 à bord de BRANEC pendant la Transquasolo.
Fait à bord de NEGOCEANE le 11 août 2006 au large des Hébrides.
Roger Langevin."
Samedi 12 août, 21h (TU+2)
"Une journée sans beaucoup
de vent en mer est une journée
inutile, une journée avec beaucoup de vent en mer c'est un cauchemar.
Allez savoir ce que le marin préfère !
Pour ma part, j'aime bien
une journée avec un peu de vent, dans le bon sens, pour aller d'un
point A vers un point B, enfin bref aujourd' hui, pas de vent, et
pas dans le bon sens, donc sans intérêt !
Concours de Sudoku a bord, Vincent est imprenable !
La météo nous annonçait une journée clémente, elle ne croyait pas si bien dire : soleil, un peu frais tout de même et mer plate sans risée. Ce soir, le vent semble reprendre un peu, mais toujours dans le cul, donc pas vite.
Voila, j'ai fini de me plaindre , salut a tous a Dinard !"
Samedi 12 août, 12h (TU+2)
"Après la pétole de la matinée, la journée d'hier fut bien triste (grains de pluie) et les empannages se sont succédés à un rytme soutenu avec ces vents de N à NW (force 4/5); il ne faut pas s'en plaindre, malgré tout, de ce portant qui va nous pousser quelques jours encore.
A 07h30, nous étions dans l'E-W de
l'ile Rathlin et la pointe Mull of Kintyre (détroit entre l'Irlande
et l'Ecosse). Spectacle impressionnant, s'il en est, avec ces falaises éclairées
par ce magnifique lever de soleil, ce fort courant contre bien sûr
(5/6 nds vives-eaux obligent) !
Nous sommes, donc, dans l'anticyclone et le bonheur est revenu pour
faire de la voile dans des conditions plus adaptées à ce "sport".
La grande descente vers le sud est amorcée et la vue de cette côte hospitalière amorce notre fin de parcours... Les empannages continuent, bien sûr, avec ce vent de N 5/6 et notre route au 180°...
Fait à bord de NEGOCEANE le 12 août à 12h00
(TU+2).
POSITION: 54°45 N- 005°17 W (Route= empannage à une vitesse
de 10/12 nds)."
Vendredi 11 août, 19h (TU+2)
"Nous voila donc repartis sur les coups de midi ce jour. La nuit fut réparatrice.
Le vent est modéré et la mer peu agitée, le moteur semble démarrer quand on lui demande donc tout va bien, je ne sais pas trop où sont nos amis devant mais sûrement déjà très loin. Enfin, nous nous employons pour recoller un peu; à cette allure portante, je ne me fais pas trop d'illusion.
L'équipage va bien, Romain nous a fait profite de son jeté de vomis par dessus bord, mais il semble à présent amariné.
Chers tous, je vous souhaite
une bonne soirée d'été à Dinard. Ici, c'est
plutôt frais: 12 degrés, pas plus.
Bye à demain."
Vendredi 11 août, 12h (TU+2)
"On avance droit vers les Shetlands le vent vient de tourner on est au près à 7-8 nds. On a hâte de voir les côtes anglaises. "
"Après une journée à se refaire une santé sur le plan "le compteur de milles" ( vent de NW 5/7 et une vitesse proche des 15 nds) nous voici donc sans vent depuis ce matin 05h00; nous sommes dans une bulle entre l'anticyclone qui montre le bout de son nez et la petite dépression d'hier...
Avec ce petit intermède j'ai pu réparer les petites bricoles qui ont cassées durant ces derniers jours (retenue de bôme, écoute de rail de grand-voile etc...).
Depuis 23h00, nous longeons les
Hébrides; quelques vieux souvenirs
remontent avec le Tour des Iles Britanniques de 2001 et la tempête
essuyée au mouillage dans le port de Bara...et
notre départ pour la 3ème étape à la barbe
de anglais impuissants.
Le temps est couvert et pluvieux, le paysage est sombre et lugubre,
les eaux noirâtres (un temps d'Ecosse quoi!). Attendons avec impatience
le vent du N annoncé; mais qui toujours
aux abonnés absents...
Fait à bord de NEGOCEANE le 11 août à 12h00
(TU+2).
POSITION: 57°23 N- 008°07 W (dans l'W de l'île BARA au sud
des Hébrides) Route et vitesse quasi nulles. "
Jeudi 10 août, 22h (TU+2)
"Allure : couchés dans le moteur, le nez dans le gasoil, c'est tout de même un comble pour un voilier, non ?
Cap : scotchés désespérément au port de Rost, joli bourg de pêcheurs au fond des Lofoten.
C'est en effet la dernière île de l'archipel avant la grande descente vers les îles Feroe, nous avons une fois de plus réparé ce satané moteur et j'espère bien que c'est la dernière fois. Nous allons nous reposer un peu cette nuit et repartir demain matin à l'aube. L'accueil ici a été fidèle à sa réputation. Hans, l'équipier de la dernière Dinartica sur AME DU LARGE nous attendait avec tout ce qu'il fallait pour réparer.
Demain sera un autre jour que je ne manquerais pas de vous raconter,
@
plus
Bruno et tout l'équipage"
Jeudi 10 août, 13h25 (TU+2)
"Enfin le vent est de la partie, on carbure à 10 nds de moyenne, ça
change de l'aller où la vitesse maxi était de 8 nds.
On est pressé
de rentrer !"
Jeudi 10 août, 12h (TU+2)
"NEGOCEANE est passé dans l'W de MUCKLE (pointe N des Shetlands à une distance de 15 milles) à 07h00 (TU+2).
Les affaires ont repris: après
avoir parcouru plus de 260 milles dans les dernières 24 heures.
Heureusement que nous sommes du bon côté de la petite dépression
de 1000 hpa, située sur bâbord avant, qui nous donne ces
vents de N à NW 30 nds et comme elle se déplace vers le sud,
nous aspirera avec elle jusqu'à ... (actuellement vents de
travers).
La nuit, quoique courte, est revenue et quelque part cela nous rassure !
Sinon à bord la vie est toujours aussi "froide" et de ce fait, il faut gagner du sud le plus rapidement possible pour une multitude de raisons...!
Fait à bord de NEGOCEANE le 10 août à 12h00
(TU+2).
POSITION: 6O°10 N- 003°26 W ( Route au 230. Vitesse 12/15 nds)."
Mercredi 9 août, 22h
"Et bien voila nous sommes repartis, après bien des soucis avec notre moteur et notre pilote automatique. Enfin ça marche, et nous voila avec déjà 7 heures de retard sur nos concurrents. Départ retardé donc, dû à l'attente d'un avion amenant la pièce défectueuse.
L'equipage a aussi changé. C'est ainsi que [Bruno a] repris le journal de bord, j'espère faire aussi bien que Pauline. Notre docteur a regagné le pays catalan, Pauline la Suisse, et enfin Bernard est parti se la couler douce chez lui en Provence. Vincent, fidèle "Mac Guyver" du bord, est resté avec moi, et le petit nouveau se prénomme Romain, il a l'air de s'être mis au parfum du bord : il n'a pas chômé à l'escale.
Maintenant objectif Dinard par l'ouest de l'Angleterre. Mais déjà, sortons des Lofoten, à demain je vous conterais tout."
Mercredi 9 août, 12h (TU+2)
"Journée d'hier, ô combien palpitante s'il en est...
Après
le mauvais temps de la nuit et de la matinée du mardi,
la pétole s'est installée dans l'après-midi et la
grand-voile
est tombée sur le pont (le brélage poulie de drisse - grand-voile
s'est rompu). Il a donc fallu profiter de ces instants de
relachement du souffle d'Eole pour faire de la grimpette au sommet
du mât: je vous raconterai cela à l'arrivée car il
y a
des leçons à en tirer).
A 00H00 les vents d'E (force 5) se
sont enfin levés et avons pu
faire route directe sur les Shetlands, en matinée ceux-ci
ont viré au S (force 4) provoquant une mer agitée et très
hachée.
En hiver cette mer de Norvège doit être terrible au vu de
ce que l'on endure aujourd'hui...
Une petite pensée aux collègues de la classe IRC qui viennent de prendre le départ.
Fait à bord
de NEGOCEANE le 9 Août à 12h00 (TU + 2).
POSITION: 62°23 N-002°09 E (Cap au 230°, vitesse 10 nds)."
Mardi 8 août, 12h00 locales
"Nous sommes toujours dans la "brafougne" c'est-à-dire que les effets de la dépression plus au nord se font encore sentir: Vents SW 6/7 jusqu'à 03h00, puis W 5/6 mollissant 5 durant cette matinée. Les vents ne sont pas bien forts, mais par contre la mer, elle, est forte avec des creux de 5/6 m. Je ne sais à quoi cela est dû, mais au près la marche du voilier s'en trouve considérablement ralentie.
Nous avons fait route vers l'W toute la journée d'hier et une partie de la nuit pour aller chercher la bascule des vents d'W que l'on a trouvé vers 03h00.
La vie à bord est comme dans un "shaker", enfin je l'imagine... L'humidité, le froid extérieur et la nourriture froide n'engendrent pas l'euphorie! Peut-être y aura-t-il des jours meilleurs ?...
Fait à bord de NEGOCEANE le 8 août à 12h00 locales.
POSITION: 65°42 N- 005°53 E (Route au 200 à une vitesse
de 10/11 nds)."
Lundi 7 août, 12h00 locales
"Départ de la 2ème étape Svolvaer-Dinard (Loffoten-Norvège) ce dimanche 6 sous une pluie battante et un temps médium (S 3).
Passé l'abri de la cote, les choses sérieuses ont commencé avec ce vent de SW 5/6 voire 7 cette nuit avec une mer formée forte. Eole a touné la clé des vents dans le mauvais sens, car nous l'avons de bout comme à la montée...il nous faut donc toujours tirer des bords (cap 225 sur les Shetlands).
Sur ce parcours nous devons laissé l'Angleterre à bâbord.
Nous sommes donc
partis à deux en solitaire: OCEAN et NEGOCEANE.
Allez savoir pourquoi...peut-être pense-t-on que les solitaires sont
beaucoup moins rapides!
Il faut réapprendre à vivre dans l'humidité et le froid, d'autant plus que je me suis aperçu une heure avant le départ que la bouteille de gaz neuve installée 3 jours auparavant était vide suite à un mauvais serrage du détendeur... Manger froid est un vrai délice!
Fait à bord de NEGOCEANE le 7 août à 12h00
locales.
POSITION: 67°11 N-010°41 E. Route au 28O°. Vitesse 9/10 nds."
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