Il existe des tracés qui à eux seuls méritent que l'on s'y attarde. La Dinartica en est une.
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Être skipper de course au large est probablement un des plus beaux métiers du monde. Il nous permet de voyager partout sur notre planète et nous offre des sensations extraordinaires, quelles soient sportives ou extra sportives.
En outre et dans cette vie moderne, nous ne pouvons pas toujours choisir nos courses, pour de multiples raisons. Des raisons budgétaires parfois, ou des raisons d’ordres médiatiques, nous préférons nous aligner sur des courses transocéaniques qui n’ont plus beaucoup d’intérêts liés à l’aventure ou la découverte, mais que nous faisons d’une manière incontournable.
Il existe cependant des tracés ou des destinations, qui à eux seuls méritent que l’on s’y attarde, la Dinartica en est une. Je vais par ce carnet de voyage, vous en apporter les principales raisons, de venir faire cette course, qui s’en nul doute sera un jour, un périple incontournable de la course au large, si toutefois les promoteurs et les décideurs ne la détruisent pas, pour des raisons futiles ou des intérêts qui ne justifient pas toujours la grande idée qui nous a fait devenir skipper un jour.
Cette course est née d’une idée originale de Monsieur Mallet, Maire de Dinard, grand connaisseur du nord de l’Europe, il tenait absolument à passer le cercle arctique dans cette course. Ensuite il suffisait, d’ajouter un intérêt sportif, mais aussi géographique dans ce périple nordique.
Le choix des îles Lofoten, en Norvège fut retenu, pour la beauté du site et son aspect historique, car c’est ici à mon avis que s’arrête la civilisation urbaine et sociale que nous rencontrons dans notre Europe occidentale. C’est ici que commence le grand nord, au-delà de ses fjords, et de ses paysages aussi hostiles que majestueux mais je vais vous laisser la découverte des lieux au fur et à mesure de notre épopée.
Tout commence à Dinard, en un beau jour d’été dans la cité balnéaire, où comme tout le monde le sait, il fait si bon vivre, la cote d’Émeraude est sans nul doute l’un des plus beaux sites maritimes d’Europe, en tout cas, c’est ainsi qu’elle est caractérisée.
Bien des courses y ont vues le jour, signalons la Route du Rhum pour la plus médiatisée et connue ou encore Cowes Dinard, dont 2006 fêtera son centenaire.
Sur le port de Dinard, un village de course est planté, il accueillera le public, les skippers, les médias tout au long de la semaine qui précédera le départ de la Dinartica.
Lors de la première édition, le départ fut donné entre les remparts de Saint Malo et la pointe du Moulinet à Dinard. Que dire de cette ligne, quasiment en ville où le spectateur qu’il soit sur la promenade du clair de lune ou la digue de l’entrée de port malouin, qui au coup de canon du bateau jury, voit s’élancer les compétiteurs vers le grand large. La sortie par le chenal du grand Jardin, l’île de Cezembre à laisser sur tribord et déjà les bateaux accompagnateurs font demi tour, les plus rapides mènent la danse. Les vents dominant d’ouest laissent à penser qu’après Cezembre, voir la balise nord ouest du plateau des Minquiers, les chevaux seront lâchés, les voiles s’ouvriront avant la tombée de la nuit.
J’aime beaucoup cette route incontournable vers le raz Blanchard, qui consiste a aligner les balises de danger ouest pour Guernesey et est pour Jersey, nous les passeront de nuit et quand nous apercevront le phare d’Aurigny juste après Sark, nous ne seront plus très loin de la pointe du Cotentin célèbre pour ces courants violents et sa centrale nucléaire.
Ce passage ne comporte en cette période que très peu de danger, il est pour les régatiers un passage à niveau, une sorte de régulateur des marées, celui qui sera en retard à marée descendante s’en souviendra longtemps. Par contre si les premiers arrivent dans les mêmes circonstances, alors là, ils verront revenir le peloton sur eux, la course est ainsi faite injuste et belle. Lorsque l’on voit les lumières de la ville de Cherbourg, le courant déjà est moins fort.
L’aspect tactique de cette Dinartica ne manque pas d’intérêt, en effet les instructions de course ne stipulent aucune marque de parcours hormis Cezembre et la balise NO Minquiers, pour des raisons évidentes de sécurité. Pour le reste du tracé chacun y va de son originalité, la seule véritable bouée demeure l’Angleterre à laisser toujours à bâbord. Ce qui signifie que les plus téméraires tenteront peut être de fausser compagnie à leur petits camarades de jeu en faisant le grand tour des anglo-normandes par les Casquets juste histoire d’éviter une mauvaise surprise des courants contraires.
Le phare de la pointe de Barfleur, qui est un ami du marin peut donner la nuit venue, un terrible coup au moral tellement sa portée est longue, on peut le voir toute une nuit avec cette impression de ne pas avancer. Mais il y a fort a parier que c’est de jour que nous le croiseront.
Direction Nord Est à présent, ce sera probablement une journée sans cote et lorsque sur notre tribord, nous apercevront les premiers cargos, le rail de Calais ne sera plus très loin. Les voiles seront ouvertes, le vent nous poussera vers la sortie, deux options s’offrent alors a nous, soit en plein milieu du rail, les bancs de sable font de ce passage un îlot paisible ou a droite les bateaux montent et à gauche ils descendent. Là encore, peut être certains joueront avec les courants de terre ou les thermiques, assez avantageux en cette période. Toujours est-il, que le seul danger proviendra des nombreux féeries croisant notre route de Douvres à Calais. Ils sont rapides et très éclairés, leurs feux de navigation sont assez difficiles à remarquer.
Voila déjà la sortie du rail, signalé par les bateaux incendies tout rouge, Afin de réduire notre route, nous verrons probablement plus, les cotes anglaises que les françaises, désolé, nous sommes en course tout de même.
Le comité de course nous appelle chaque jour, pour connaître notre position, ainsi que pour prendre des nouvelles, ils ne manquent pas de nous rappeler que nous sommes en course et la position des leaders nous oblige a resserrer nos réglages, car si la route est quasiment direct, elle n’en demeure pas moins plus rapide pour certains. A cette allure, il y a fort à parier que les multicoques seront déjà loin devant lorsque nous sortiront de la Manche pour s’engager en mer du Nord. Nous auront notre revanche, c’est promis quand les vents deviendront plus axiaux.
Cette fois plus d’obstacle, plein nord, nord est direction la Norvège, peu de trafic à déplorer, quelques pêcheurs sur les bancs de mer du Nord, très bien indiqués sur les cartes.
Pourtant en ce début de nuit, une drôle de lumière nous fait face, une seconde puis une troisième, les instructions nautiques ne font pas référence à cela, nous prenons alors les instructions de course où nous trouveront enfin a quoi correspond cette débauche de lumière en pleine mer. Ce sont les fameuses plateformes pétrolières, elles sont impressionnantes, sorties de l’eau telle une cathédrales, jours de la messe de minuit. Elles ne donnent pas envie de s’en approcher, mais pourtant j’aimerais les voir de jour par curiosité, quelques embarcations sont autours à l’arrêt ou en marche lente, l’une d’elle s’approchent de nous, c’est la « navy » simple contrôle d’un phare dans la grand voile, et d’une identification par VHF, nous poursuivront notre route. Ouf, mais bon sang que cela est impressionnant.
Le lendemain nous en croiseront de jour, le château semble moins prestigieux que la vieille, mais tout aussi hostile. En outre, elles ne présentent vraiment aucun danger, car elles sont très bien signalées, et surtout elles sont fixes.
Nous traversons le plus grand banc de sable de la mer du nord, le banc Dogger, on se croirait aux halls à Dinard tellement le poisson doit y être en abondance, une quinzaine de chalutiers, travaillent, nous nous frayons un passage, entre eux, ils ne semblent pas étonnés de nous voir là, on ne doit pas être les premiers à être passer. Zut, nous qui pensions, mais non c’est de l’humour, les engins à plusieurs coques ont deux jours d’avance sur nous.
Nous n’avons pas vu la cote depuis trois jours, ce n’est pas qu’elle soit loin, mais la route directe nous empêche de nous en approcher. On nous avait promis l’enfer du froid, nous avions prévu les bonnets, les grosses chaussettes et les polaires, mais c’est en short que nous évoluons sur le pont aux allures portantes avec une température qui oscillent entre 15 et 20 degrés, cela ne nous change pas beaucoup de nos cotes bretonnes.
La météo est toujours clémente, vent portant de 10 à 20 nœuds, la dernière vacation, nous confirme notre bonne position dans le paquet de tête, très tôt dans la matinée, l’homme de quart crie « terre, terre ! », le vent a forci quelque peu, au grand largue, nous apercevons la cote norvégienne, plutôt plate d’ailleurs, puis un phare s’avance devant nous , il s’agit du phare d’Upsire, nous le passons très vite car le bateau marche à 15 nœuds dans les surfs dans une mer hachée, que nous n’avons pas encore connu depuis le départ.
Toute la journée, nous naviguons plein nord, passons Stavanger, puis Bergen, en effet je dis toute la journée mais nous commençons à perdre quelque peu la notion du temps, la nuit ne dure plus que 3 ou 4 heures, la moitié de l’équipage ne la voit déjà plus. La cote après Bergen change de physionomie, elle devient plus accidentée, elle est constituée de falaises, parfois de montagnes, on ne sait plus si c’est l’eau qui entre dans les terres, ou si c’est la terre qui avance dans la mer.
Le paysage est formidable, il nous bluff, quatre couleurs, le vert pour les forets d’épineux, le marron pour les terres arides et rases de toute végétation, sûrement balayes par les dépressions hivernales, le blanc de la neige sur les sommets et ce bleu profond qui dessinent l’entrée des fjords, dommage que l’on soit en course je m’y aventurerais bien pour voir cela de plus près.
On ne peut pas dire qu’il y ait beaucoup de bateau sur l’eau, nous avons croisé deux féeries blanc et rouge, les express côtiers d’Hurtigruten, seule compagnie à arpenter ces rivages qui paraissent tout de même difficile à négocier près de la cote. Tout de même, une tache blanche devant nous, oui une voile serions nous en train de rattraper un concurrent de la Dinartica ?
Si cela est le cas, il ne va vraiment pas vite, il doit avoir un souci. Plus nous nous en approchons plus, plus nous constatons qu’il s’agit d’un petit bateau de croisière arborant un pavillon allemand, un couple de retraités monte tranquillement dans les Lofoten, nous les doubleront très vite , mais c’est toujours sympa de croiser des marins sur nos périples.
Dans la soirée, si je puis dire il est tout de même minuit quand le soleil se couche pour se relever dans deux heures, nous commençons à faire un peu d’est dans notre nord, c’est bon signe. Le vent molli quelque peu.
Encore quelques plateformes devant nos, il s’agit cette fois de gaz, la forme en reste la même, c’est juste noté différemment sur les instructions de courses.
Le lendemain une certaine fièvre s’empare du bord tout d’abord à la vacation du midi, le directeur de course nous informe que le premier multicoque a franchi la ligne d’arrivée, en pulvérisant le record du parcours, mais nous nous attendions à cette prouesse, un 50 pieds multi dans ces conditions, un vrai régal pour lui, bravo tout de même. Le dernier à avoir travailler sur la table à cartes, nous à rentrer un waypoint signifiant que nous approchons d’un grand jour et d’un grand baptême du nord, en effet ce soir nous entreront dans le cercle arctique, finit la nuit, et bonjour la bouteille de champagne offerte par les organisateurs avant le départ, en effet personne à bord n’a déjà passer ce mythique passage à bord d’un bateau, une heure avant d’y entrer , le vent a basculer franchement nord , et c’est au prés que nous y pénétrons. Nous en sommes pas peu fier tout de même, ça y est nous y sont le soleil se couche sur la mer, mais il n’a pas terminer de se coucher que déjà, nous le voyons réapparaître juste à coté. Quelle lumière, c’est fabuleux, nous buvons la bouteille de champagne, en chantant, c’est toujours émouvant de voir son équipage fêter une grande première, une fierté d’avoir mène, son équipe vers une nouvelle chose, j’adore cela.
Nous approchons de notre but 150 miles à parcourir, la course est passée au second rang, nous occupons une très honorable place, et les positions resteront ainsi visiblement jusqu’à l’arrivée. Il fait frais ce matin 13 ° au thermomètre le temps est couvert. Nous avons navigué toute la nuit au pré serré, pour tenter de remonter dans le nord, nous ne verrons donc pas Bodo, mais qu’importe nous sommes venu pour les Lofoten. Une terre sur notre bâbord, la carte nous indique Rost la première île de cette région, nous la devinons à peine. Une petite brume s’est formée, la mer devient agitée, quel accueil ! Le vent monte à 38 nœuds à l’anémomètre et la brume s’épaissit. Nous qui pensions en avoir terminé avec cette course, que nénies, la grand voile arisée, la trinquette en place nous marchons à 10 nœuds en route direct vers notre but, la visibilité est d’à peine 30 mètres et mon détecteur de radar me signale un navire dans les parages, tout le monde sur le pont à ausculter, l’horizon est un bien grand mot, soudain un équipier l’a repérer, il nous frise les moustaches, en nous donnant un coup de trompe, encore un féerie, d’Hurtigruten, qui doit faire les liaisons continent/Lofoten.
Dans la soirée le vent tombe peu à peu, la brume elle aussi nous abandonne, le soleil revient, après nous avoir fossé compagnie dans un crachin bien de chez nous, mais c’est encore plus extraordinaire de découvrir le spectacle qui s’offre à nous, comme une apparition. Sur notre gauche des montagnes vertigineuses sombres et pelées, comme des falaises mais 4 fois plus hautes, il n’y a pas comparaison avec nos cotes, je dirais, Bréhat avec 200 mètres d’altitude, et aussi une cote franche, les fonds nous sont annoncés entre 100 et 200 mètres, pas de risque de talonner donc.
Peu à peu, la mer c’est calmée, jusqu’à être totalement plate et limpide, le vent est d’une quinzaine de nœuds, nous avançons très bien ainsi toujours au pré mais sans vague qui font taper le bateau, un lac en gros . Notre gps , nous indique Svolvaer à 30 miles.
J’aime tant cet instant, tu arrives dans un endroit complètement inconnu, tu avances en suivant un cap, devant toi tout se rapproche, comme une parfaite égemonie entre toi et ton bateau, c’est sur c’est ici, que l’on voulait aller, et c’est ici que notre bateau nous à conduit, coûte que coûte, il avance vers son but, tu commences à apercevoir le toit des maisons, tu sens la vie de terrien revenir petit à petit, les fameuses montagnes deviennent des cailloux, comme chez nous, sauf que tu peux presque aller les toucher avec la main, on dirait comme, un océan qui aurait engloutie la partie d’une montagne, chaque faille est devenue un fjord, voir même un port de pêche sur lequel s’accroche des pontons de bois. Il y a bien une marée de quelques mètres, mais franchement, vu les fonds quelle importance !
Comme notre arrivée est programmée et oui, le moderniste fait qu’il n’y a de moins en moins de surprise sur l’arrivée de course, une chose est sûre sur la Dinartica, tu arrives toujours de jours. L’heure en outre reste aléatoire, car depuis le début de notre périple, l’équipage se demande, mais comment vivent ces gens là, 24 h /24, en fait c’est comme chez nous, l a pseudo nuit, les gens dorment, toujours est-il que un bateau nous fait face un second, et toute une multitude de petite embarcation arrivent vers nous. On entends déjà quelques cris des proches de l’équipage embarqués sur un bateau, je dirais un vieux gréement vikings, transpercent le calme précaire du bord. L’équipage surexcité, regarde, photographie, film, sourit aux autochtones venus à notre rencontre, encore quelques encablures, nous apercevons la statut d’entrée de port, une femme style paysanne qui tant la main, comme pour implorer un dieu, un bronze un peu verdi par les embruns, et derrière cette digue, une jolie petite ville, qui nous parait assez conséquente, sommes toutes. Pas de chenal deux ou trois entrée, nous demandons au passage laquelle est la notre, c’est à tribord, que cela se passe, le coup de canon donné, les voiles affalées, c’est au moteur que nous pénétrons dans Svolvaer, théâtre de la première étape de cette Dinatica, premières congratulations entre nous, c’est une habitudes, rangement sur le pont, pour la photo, le bateau s’immobilise non loin, de ceux déjà arrivés.
L’accueil est fort chaleureux, le public et les journaliste nous demandent nos premières impressions, et en fait elles vont vers cet endroit, cette petite ville, où tout est en bois les maisons, les toits les séchoirs à morue, les bateaux de pêchent sont en bois, chaque maison à son caiboti qui fait office de ponton pour leur embarcation. Le village est entouré d’un cirque montagneux, la température est douce, et nous en profitons pour aller boire une bière sur la terrasse du Baccalao, qui se trouve quasiment sur le ponton. On ne sait pas si nous sommes sur la terre ferme , ou encore au dessus de l’eau, il est vrai qu’avec le mal de terre, cela vaut peut être mieux.
Je crois que c’est à partir de ce moment là, que nous avons perdu la notion du temps, c’est l’été, il fait doux, donc pas de brise thermique, ni de rafraîchissement à la tombée de la nuit, donc tout ça ajouter à notre fatigue et notre arrivée font de nous des zombis bretons arrivant sur une autre planète. Nos amis skippers déjà arrivés semblent s’être assez bien acclimatés, il nous narrent leur course en nous donnant les premiers conseils et repérage de la ville, shipchandlers, commerces, boites de nuit (je ne sais pas si on les appellent ainsi ici). Le norvégien est une langue, qui comme leur région semble étrange, en outre ils parlent un anglais parfait sans accent, que je comprendrais presque, c’est un exploit.
Dans toutes les courses au large, en général les lendemains sont toujours réservés au nettoyage et l’entretien du bateau, afin de ne pas perdre de temps, au briefing de l’équipage du matin chacun d’entre nous, prend en charge une tache, dépose des voiles, divers réparations, nettoyage et avitaillement pour la seconde étape. Car si on ne prend pas l’habitude de le faire ainsi le premier jour, c’est sur il nous manquera un truc. Nous n’avons qu’une semaine de relâche alors ! Pas de temps à perdre, ensuite nous prendrons notre temps pour visiter les lieux, d’autant que visiblement, il y a à voir, ici.
Les conditions n’ont pas été dantesques, sur la première étape, en fait deux ou trois rafistolages et tout rentrera dans l’autre, nous sommes plus inquiets sur l’avitaillement. Par exemple nos amis scandinaves n’utilisent pas le butane, seul le propane est à la mode, et dire que c’est eux qui nous fournissent en gaz, nous allons devoir changer les injecteurs, ou investir dans un réchaud, d’autres part l’alcool est hors de prix ici, et si vous voulez vraiment leur faire plaisir, il faut venir avec du vin.
Les organisateurs norvégiens ont fait les choses bien, d’une part il nous aide dans les démarches locales, nous fournissent un véhicule, et ils organisent des sorties, soit en bus dans les terres, soit en semi-rigides dans les fjords voisins, des trucs de fou qui marches à 40 nœuds sur l’eau.
Le deuxième jour de notre halte, un bus nous attends pour nous emmener dans leur musée du viking à une quarantaine de kms de là. Un village viking et sa grande maison en bois, le guide sont en tenu d’époque et semble vivent à la manière de la grande époque, ils sont très fier de nous expliquer comment leurs ancêtres vivaient, et surtout sur quel mode sociales, leur vie s’articulait. Nous déjeunerons même avec eux, une soupe avec quelques morceaux de viande cuite à même le sol, dans le salon des banquets. Et comme digérer, nous embarquerons sur une galère de bois diriger par un vrai viking, à la voix grave.
A notre retour à Svolvaer, nous sommes invités à dîner chez Guiry, une équipière locale, qui a fait la première étape avec nous. Bien sur la morue locale au menu, soirée agréable ou nous avons refait notre périple, pour son mari docteur resté au pays .Nous avons fini la soirée dans le jardin ou comme bien sur, toujours pas de nuit nous discutions, vers 4 heures du matin, un voisin est venu nous dire de baisser d’un ton, car ses enfants aimeraient bien dormir. Nous avions juste omis ce petit détail, et nous confirmons donc, les autochtones dorment, même si la nuit n’existe pas. Nous rentrâmes donc au bateau sans savoir l’heure qu’il pouvait être.
Le lendemain midi, la flotte s’étoffant dans le port, nous accueillons à notre tour les concurrents. Aujourd’hui, une vedette à passager attend tout le petit monde de la Dinartica, afin de faire le tour des fjords et des villages voisins car en fait ici, vaut mieux avoir un bateau à moteur qu’une voiture, c’est plus efficace.
Nous partons donc à la découverte des alentours, direction est, en face de Svolvaer, un caillou se profile très vite, c’est une petite île, dans le même genre que celle qui nous accueille en plus petit, nous avons l’impression que le village c’est construit autour du port bien abrité. Une sortie par le nord et une autre par l’ouest, en son milieu cela forme comme une grande avenue, sauf que nous sommes sur l’eau. Les rives sont constituées de quais en bois, qui servent à accueillir en saison de pêche, des dizaines de bateaux venue de partout en Norvège. Quelques uns sont encore là, ils ont une particularité, à leur proue, un canon est fixé, le speaker nous confirme ce que nous pensions à savoir ; que ce port est exclusivement réserve à la pêche à la baleine. On se souvient des âpres négociations à la grande époque de la sauvegarde de l’espèce et des difficultés de nos députés européens à leur interdire ce massacre, mais les norvégiens gagneront pourtant cette bataille, sous l’unique prétexte de garder leur culture ancestrale et de contingenter leur prise à 200 tonnes par an, pour leur consommation personnelle et la vente en est scrupuleusement interdite publiquement en tout cas. Ce qui nous reste le plus amère, c’est qu’en faite, cette pêche est extrêmement facile, les cétacés profitant des eaux calmes des fjords pour venir à la belle saison copuler, il suffit alors de les repérer et de tirer cela parait monstrueux, mais on comprend mieux lorsque on nous explique que ces méthodes ont sauvé ce peuple de la famine dans les siècles antérieurs et que la tradition locale ne pouvait être bafouée. Et ils s’en défendent par une seule remarque en Europe occidental, les chasseurs n’attendent ils pas le passage des peuple migrateurs pour massacrer la palombe, et le canard sauvage ?
Nous continuons donc notre périple avec tout de même un petit frisson dans le dos. L’île suivante est elle, spécialisée dans l’élevage du saumon qui n’a plus de sauvage que le nom, des cercles d’une cinquantaine de mètres de diamètre, constitués de petits flotteurs, avec en son milieu un remous infernal, il parait que des milliers de saumons si trouvent. Car cette fois la pêche au saumon sauvage est elle scrupuleusement interdite.
Nous remontons encore, avec notre vedette rapide, nous ne savons plus si il s’agit de mers, de lacs, ou de fleuve, c’est Venise en cent fois plus grand sans les maisons, quelques unes parfois plantées la, avec le bateau attaché au ponton du pilotis, formant la terrasse de la maison de bois sans barrière autour, je me demande ou commence et s’arrête leur propriété. Le facteur ici ne doit pas faire sa tournée à bicyclette ! Nous empruntons un petit bras d’une cinquantaine de mètres de large, constituée de deux immenses parois, d’au moins deux cent mètres de haut, impressionnant ce couloir. Nous en sortons enfin sur un lac énorme, nous sommes dans le troll fjords, endroit réputé pour sa beauté et toutes ses légendes dont seul les norvégiens connaissent vraiment l’histoire. Nous accostons sur un promontoire, des tables sont sortis et des assiettes de saumons fumés et de crevettes roses sont offerts avec de la bière locale. Collation inattendue, mais très agréable sommes toute.
Quelle ne fut pas notre surprise en apercevant un bateau de croisière d’au mois cent mètres de long s’engager dans ce même couloir, son allure est très lente mais tout de même on a l’impression, que nous ne pourrions mettre la main entre le bateau et les deux parois. Il passe à raz de notre embarcation pour amorcer son demi tour, les touristes sur le pont nous salut bruyamment. Puis ils repartent comme ils sont venus, à la seule exception prête qu’il vient à s’appuyer contre une de la falaise et s’immobiliser. Tout de suite nous pensons qu’ils ont un souci, et que pour que l’on puisse sortir à notre tour cela ne va pas être simple. Une certaine ferveur émane des touristes sur le pont supérieur cela nous nous inquiète, mais très vite nos guides nous rassurent, en fait le nec plus ultras du voyage au Lofoten, consiste à écrire un petit mot sur cette paroi. Et en effet à notre tour, nous stopperons les machines au même niveau pour exécuter ce rituel. Ils y a des centaines, que dis je des milliers de petits textes inscrits, c’est le livre d’or du Troll fjord.
Nous continuons notre visite à pleine allure avant de rentrer sur Svolvaer, à plus de trente nœuds, certains même s’essayeront au pilotage de cet engin ultra rapide, chaque vaguelette sur l’eau nous fait bondir, le commandant de bord reprendra les commandes à la demande des moins rassurés.
Ce soir, les équipages sont invités à un barbecue sur la terrasse d’un immeuble dominant le port, rien de bien étonnant me direz- vous sauf que le menu est « baleine macérée dans une marinade et déposée sur la braise. Dans un premier temps le français est réticent, mais très vite devient il gourmand car c’est un régal, c’est comme une viande rouge avec un goût extrêmement salé et finalement, nous nous laissons faire sans trop de mal. Nous repartons de la fête vers minuit, toujours grand soleil, et nous décidons d’aller tout de même dans la seule boite de nuit où il fait jour, que je connaisse, sans abus, compte tenue du change euros, couronne norvégienne, pour se saouler en boite en Norvège, il faut je pense être milliardaire, ou tenir très peu l’alcool.
Le lendemain matin, tout le monde sur le pont le départ de la deuxième étape approche, dernier bricolage et préparatifs, un coup d’œil sur les fichiers météo, le vent à l’air de vouloir s’orienter nord, ce qui n’est pas pour nous déranger, nous partirons bon plein route direct, pour sortir des Lofoten.
C’est un après midi récréatif qui nous a proposé par les organisateurs, une régate radio commandée dans le port avec de superbes maquettes de la classe America, nous sommes comme des enfants avec un jouet, il ne nous en faut pas plus que cela, pour nous amuser. Cette activité sera pour les plus sage d’entre nous, car en effet, la ville est encaissée dans un cirque montagneux offre parfois des petites surprises aux plus téméraires d’entre nous, jugez en vous-même ! Vous escaladez la montagne pendant une paire d’heure, le bateau dans le port devient de plus en plus petit. Une fois en haut vous avez une vue imprenable sur les Lofoten la baie, au fond en face la Norvège, devant la mer limpide comme un lac, sur la gauche la remontée des fjords, et l’entrée du troll fjord, (c’est un guide qui me l’indiquera), et derrière toute la chaîne rocheuse et les neiges éternelles, une vue à vous couper le souffle, d’autant qu’au dessus de vous , très haut dans le ciel , vole des aigles qui paraissent sortie d’un film de Spielberg. Mais si nous sommes montés jusqu’ici, ce n’est pas que pour la vue, devant nous un pic d’une vingtaine de mètres de haut, les norvégiens nous font enfilés des baudriers et nous invitent à escalader le pic. Un à un nous grimpons les prises sont assez bonnes et ma fois, nous nous en sortons pas trop mal, la surprise nous viendra du haut du pic, en effet sous nos pieds trois mètres dessous, se trouve une autre roche sur laquelle est disposée un tapis de gym. Le but du jeu est simple comme bonjour, il faut sauter, le seul hic, c’est qu’entre les deux rochers se trouve une fosse d’environ 200 mètres, nos cœurs se mettent à battent fort, mais il parait que tout Svolvaer la fait au moins une fois, alors ce n’est pas un marin qui va reculer devant cela. Un, deux, trois et c’est parti, sensation assurée et atterrissage contrôlé, ouf on l’a fait !
En ce début de soirée, c’est la remise des prix de la première étape, le classement à mi course, le maire de Svolvaer dans son plus bel habit semble être très ému, et espère qu’il y aura encore beaucoup de remise de prix dans sa si jolie petite ville. Cérémonie plutôt classique, avec comme seule curiosité, la remise des bouquets, la seule différence reste que les fleurs sont remplacer par trois morues séchées, emballées dans un papier de cellophane classique, c’est très joli, il n’y a que l’odeur qui change, et sur la route du retour, ce joli bouquet nous apportera une odeur nauséabond.
En fait le top de cette soirée pour les amateurs, consiste à aller d’une part jouer sur le golf le plus au nord de la planète, mais de plus jouer toute la nuit sur les greens, il n’y a qu’ici que vous trouverez cela. L’endroit est pittoresque, la mer vient lécher le parcours, il faudra même parfois utiliser les bottes, pour faire admirer le swing de certains. Il fait un peu frais tout de même, 15° degrés tout au plus et un petit crachin « breton », viendra perturber notre partie. Il faut dire qu’il est 4 heure du matin, il serait peut être temps d’aller se coucher, car le départ approche et nous avons besoin d’être dans une forme olympique.
Le jour se lève sur Svolvaer, (mais non, pas du tout c’était pour rire), ça s’agite sur les pontons, un à un les bateaux gagnent la ligne de départ au moteur, les organisateurs ont embarqué sur un bateau de guerre norvégien, qui donnera le départ de cette nouvelle étape. La flotte s’est allégée de quelques unités, en effet nos amis locaux ne feront pas le retour et resterons chez eux. Ils nous accompagnent tout de même sur la ligne mais juste pour honorer la Dinartica.
Le temps est beau, une petite brise de nord, comme nous avait renseigné la météo locale nous pousse entre le bateau jury et la dame de bronze sur la digue, la VHF grésille, et Monsieur l’ambassadeur de France annonce cinq, quatre trois deux un , et c’est parti ! Le coup de canon résonne dans la baie avec l’écho il dure de longues secondes. Déjà les multicoques accélèrent au bon plein, nous ne les tiendront pas longtemps, ils s’envolent, le bateau de guerre a largué son mouillage et nous suit sur les premiers milles, puis disparaît en faisant demi tour, sous un vacarme de corne de brume.
Le bateau file a dix nœuds, il glisse sur l’eau plate et Rost, la dernière île des Lofoten nous salue déjà, mais c’est promis nous reviendrons.
A bord tout va bien, l’équipage a changé quelque peu deux départs pour trois nouveaux arrivants. Comme ce début de course reste assez tranquilles les premiers quarts semblent convenir à tout le monde. J’ai juste une petite inquiétude concernant Florence, une jeune bretonne qui était stagiaire au syndicat d’initiative local, que nous avons embarqué à la dernière minute.
Elle souffre du mal de mer depuis le départ, espérons qu’elle va se reprendre un peu, car pour le moment il n’y a pas de mer, et je crains le pire pour la suite !
Sur toute la descente le long de la Norvège, la météo reste la même, c’est dans une ambiance festive que nous repassons sous le cercle arctique. La navigation est tellement paisible, que nous nous autorisons même une pêche à la traîne, les maquereaux sont énormes ici, pas très bon au goût , mais avec trois poissons nous faisons le repas pour dix.
C’est tout droit, pas de question à se poser le prochain waypoint se situe sur les Shetlands islands, la seule inquiétude demeure toujours sur l’état de santé de Florence qui ne semble plus sortir de sa bannette cela devient chronique et plutôt ennuyeux. Pour la course, les multi galopent devant et nous semblons être les premiers en monocoque. Il faut dire qu’en vitesse pure nous sommes avantagés par la longueur à la flottaison, mais ne soyons pas trop gourmand tout de même, car le temps s’annonce changeant sur l’Ecosse. En effet, nous sortons d’une zone anticyclonique sur la Norvège pour affronter les petites dépressions de l’Atlantique, qui viennent justement buter contre cette masse de haute pression.
Nous ne verrons pas grand-chose des Shetland, pourtant nous passons juste à coté entre elles et l’île feroes. Le temps est couvert et il pleut, nous avons retrouvé la nuit, et aussi une mer qui se forme au nord ouest. Le vent bascule est s’oriente nord est, nous sommes dans le nord d’une petite dépression nerveuse, l’anémo marque 35 nœuds, au portant nous allongeons la foulée et tirons des moyenne à 15, 16 nœuds. Le bateau va bien, mais notre génois se déchire sur un mètre en son milieu. Nous avons, une fois de plus été un peu gourmand, sur la surface de voile, et c’est le petit incident de parcours. Nous disposons d’un solent mylar, moins grand bien sur, mais cela fera l’affaire. Il y a deux chose qui m’ennuie en ce jour, d’une part nous n’arrivons pas a descendre le génois de l’enrouleur et deuxièmement, l’état de santé de Florence ne s’améliore pas du tout, elle a même tendance à se déshydrater, je pense qu’il serait plus prudent de la débarquer. Le soucis en fait c’est que nous n’avons pas assez d’information sur les ports dans nos instructions nautiques, nous avons juste un port indiqué dans l’île Orkney, Stromless, un port de pêche représenté juste avec un petit schéma dans le fond d’une baie. C’est angoissant d’avancer sans connaître, mais il faut bien un peu d’adrénaline dans notre périple.
Imaginez ! Il est trois heures du matin, le jour se lève, et oui nous sommes encore très nord, une brume pas possible, ce n’est pas le fog londonien, mais le brouillard écossais, devant nous deux falaises et un petit trou, ce doit être l’entrée que l’on cherche, le brouillard, sûrement du thermique reste en mer, nous avançons à vitesse lente, les voiles sont affalées. Nous avons signalé au pc course nos intentions, donc nous pouvons démarrer notre moteur À première vue, il n’y a pas beaucoup d’eau, nous serrons un peu les fesses et nous ne quittons pas le sondeur des yeux. Un aileron sur tribord, ouf, qu’est ce que c’est que cela, il tourne autour du bateau, c’est un requin pèlerin, inoffensif, mais tout de même , ça fait froid dans le dos, il mesure a peu prés 4 ou 5 mètres de long. Nous avançons mais toujours pas de signe de vie à part notre requin qui décide de nous abandonner à notre triste sors. Nous sommes pourtant confiant, sur les instructions, des féeries entrent dans ce port. La voie navigable s’élargie enfin, et sur notre bâbord enfin une bouée verte, nous indique l’entrée d’un éventuel chenal. Ouf, ça fait du bien de voir enfin des maisons, des bateaux une civilisation en quelque sorte. C’est un dimanche matin, il est six heures aucune âme ne bouge, dans le port, un embacadaire avec un féerie, nous voyons pour la première fois depuis quelques jours Florence sortir, avec une mine pale, mais un petit sourire, qui en dit long sur l’enfer qu’elle vit depuis quelques jours, nous ne sommes pas accostés que déjà ses bagages sont sur le pont. Nous apprendront plus tard, qu’elle a perdu 7 kgs en cinq jours, c’est dire si il était temps qu’elle regagne le plancher des vaches. Notre délicieux humour, ne manquant pas de piquant nous lui dédicaçons le saladier salvateur qui la suivit pendant tout son périple, et nous lui offrons, en souvenir. Nous l’accompagnons au féerie, et elle quittera l’île avant nous, en nous saluant de la passerelle.
Bien, le vent se lève dans le port, et cela ne va pas arranger notre réparation du génois il nous est impossible de le dérouler dans le port, nous attendrons la journée, pour que le vent faiblisse, mais rien à faire, c’est peine perdue. Ce sera donc un dimanche ordinaire passé dans le pub écossais du port, avec des pêcheurs plutôt rustres et solides, surtout au concours de bière que nous perdrons aisément. Enfin nous gagnerons la gratuité du port tout de même, c’est toujours ça de pris, le vent n’est pas tombé, et c’est avec trente nœuds que nous décidons de repartir, pour le génois, nous avons réussi a endrailler le solent sur l’étai largable nous verrons le reste plus tard.
Nous ressortons du chenal avec 25 nœuds de vent dans le nez nous envoyons les voiles après la dernière balise et c’est parti. La mer est encore calme, mais nous sentons une ondulation qui en dit beaucoup sur ce qui doit se passer derrière la baie, la météo n’est pas bonne pour la suite de notre périple, mais nous sommes en course, il annonce jusqu'à 60 nœuds de vent sur les hybrides de plus nous n’avons pas les cartes nous ne pourrons pas passer par l’intérieur. Le bateau passe pas mal dans la vague sous un riz nous marchons a dix nœuds, la mer semble se croiser quelque peu entre le vent et les courants d’atlantiques, nous décidons d’aller au large virer de bord pour la nuit.
Le vent est monté à 40 nœuds, dans une mer à deux étages, les barreurs se succèdent à tour de rôle toutes les heures, c’est épuisant. Le jour se lève, un phare donne de sa lueur, il s’agit du castelbay, sur la dernière île des Hébrides. C’est à la fois rassurant et inquiétant, nous ne sommes pas perdu, c’est bon signe , mais en outre le courrant nous emmène à terre, cela va nous obliger à virer une dernière fois, pour nous en écarter, et enfin faire la route direct, vers l’entrée du canal St George.
Dans la journée, le vent a faibli quelque peu, la mer aussi, nous avons pris large, et enfin, nous déroulons au vent de travers, à une vitesse intéressante. Les sommets des Hébrides culminant a plus de 1000 mètres font places petits a petits a des falaises beaucoup plus raisonnables. La cote irlandaise apparaît, nous allons passé entre l’Ecosse et l’Irlande, c’est la route la plus courte pour regagner la ligne d’arrivée, d’autant que la météo, ne semble pas vouloir nous faire de cadeau, après la tempête, l’anticyclone semble vouloir grossir sur cette partie de l’Europe, et sans notre génois, nous allons avoir du mal a nous sortir de la, je pense.
Coucher de soleil, sur l’Irlande pour notre entrée dans le canal, superbe , fait cette fois le vent molli de plus en plus, la mer est devenu lac, et notre vitesse décroit très vite de quinze nœud hier soir, nous voilà descendu à 7, puis 6, aie !. Certes la nuit étoilée est très reposante, mais notre vitesse est réduite, nous n’avons pas eu la vacation hier, dans cette tempête, je ne sais pas où est le reste de la flotte, notre arrêt aura été sûrement fatal, les autres bateaux sont sûrement passés déjà hier. Toute la nuit, nous avons vu les lumières de Belfast. Et nous passeront la journée à voir les falaises de l’île de Man, en se racontant toute les légendes du coin, car c’est aussi l’île des femmes, parait-il, qui y aurait 75 % de femme, pour 25% d’hommes, nous ne nous sommes pas arrêtes pour vérifier.
Dans l’après midi, comme le bateau n’avance qu’a peine deux nœuds, nous décidons de descendre enfin ce génois, car il nous manque cruellement. Atelier couture donc jusqu’à la nuit tombante, à coup d’assigna, et d’aiguille, dans le tissus, nous le renvoyons de nuit en priant, pour qu’il tienne jusqu’au bout de notre route, timidement le bateau reprend un peu de vie, et nous sort à 4 nœuds de ce marais barométrique. La nuit étoilée est fort agréable, nous croisons quelques cargos depuis deux jours, mais surtout d’immenses feerys vert allant de l’Irlande au continent anglais. Au petit jour nous apercevons enfin les lumières de Dublin, preuve que nous avons avancé un peu cette nuit au portant.
La météo nous rassure un peu, elle nous donne espoir sur un vent de sud est en manche, d’environ 15 nœuds, nous n’en sommes plus à battre des records de vitesse, mais plutôt a regagner Dinard au plus tôt. Nous atteignons tant bien que mal. D’autant que les réserves de gaz m’amenuisent des bouilloires en bouilloires, en effet nous ne connaissions pas le débit de la bouteille de propane, et il est vrai que sans source de chaleur sur un bateau, il est fort difficile de faire à manger.
Nous atteignons la pointe Pembrokeshire dans le début de l’après midi. Direction les îles Scilly à présent, ensuite ce sera la Manche, le vent semble donner raison aux météorologues, il s’oriente sud est, et donne un peu de vent apparent, dans nos voiles. Le soleil se couche sur l’Irlande déjà quelques cargos nous montrent le chemin pour nous glisser entre le continent et l’île maîtresse des Scilly, j’adore cet endroit, c’est ici qu’entre l’Atlantique en Europe, c’est aussi ici, que s’arrête tous les records de voiles, sur le cap Lizard, où la falaise est blanche, c’est très impressionnant à voir. C’est donc dans une nuit noir que nous entrons sur cette mer que l’on connaît tant, bien sur le vent est face a nous donc, il faut faudra tirer des bords, nous choisissons de rester sur l’Angleterre, afin de ne pas nous engluer a faible allure dans le rail des cargos, a tirer des bords souvent dangereux. Nous verrons même les phares de Sal combe, au petit matin.
Il nous tarde à présent de rentrer, plus de gaz, donc plus d’eau chaude, finis le thé le café, et autres douceurs apprentissages, c’est à la dure que nous rejoindrons Dinard. Le climat est étouffant, mais à la fois humide, une brume sur la mer nous ôte toute visibilité, ce qui pour traverser le rail est quelque peu gênant.
Enfin il faut bien y aller, on se lance, c’est l’été, il n’y a pas trop de gros mastodontes, au près, 6 ou sept noeuds, nous nous éloignons de la zone dangereuse. Le soleil se couche sur Guernesey, ensuite le bateau sent l’écurie et connais la route, l’équipage semble être content de sentir le varech breton, nous arrivons sur Fréhel le phare nous enchante car il ne reste que 15 miles à faire, nous ralentissons un peu, pour arriver de jour.
Une brume épaisse envahie toute la baie de St Malo, je connais ces conditions d’été, et j’ai bien peur, que nous soyons obligés d’attendre sa levée pour entrer dans le chenal du Grand Jardin. Les autorités sont prévenues de notre arrivée, et nous signale au passage qu’à terre, c’est le grand soleil. Apres concertation avec l’équipage, nous décidons de nous lancer dans le brouillard, autoguidé par les entrées sorties des navires informations prodiguées de la vigie de St Malo port. En effet derrière Cezembre, le grand soleil nous inonde et arrose la ligne d’arrivée, où un bateau jury, prend en compte notre temps de passage.
Ouf, nous prenons un mouillage dans la baie du prieuré, salutations de toute l’équipe, nous débarquons par la navette où la famille s’est réunie, pour notre arrivée ça fait toujours chaud au cœur, de nous savoir attendu par les nôtres, bien que ce soit tout de même, égoïste. Toujours est-il que ce périple, messieurs les organisateurs gagne a être connu, et merci pour cette découverte. Et comme cette si belle course se déroule tous les deux ans, soyez en sur, que déjà je prends bonne note de la prochaine.
Il y a fort a parier, que je ne serais pas le seul au départ, et qu’importe notre classement sur cette première édition, elle n’est qu’anecdotique, en comparaison aux images que nous avons pu rencontrer.
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